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Test : Turok


Testé sur PS3 / X360
Publié le 07/02/2008 Par Christophe Collet

En revanche, difficile de nier certaines qualités à ce nouveau Turok. Au premier rang desquelles la jungle, plutôt bien modélisée et oppressante juste ce qu’il faut. Sur cette planète où il faut mettre la main sur un commandant rebelle (on vous dispense du scénario classique de série B), on se retrouve quelque part entre la densité d’un Crysis et la fantasmagorie d’un King Kong (le remake vidéoludique du film de Peter Jackson). Les effets visuels accentuent la pression sur les épaules du joueur, qui avance en sachant pertinemment qu’il va se faire sauter dessus par un dino bien énervé (et retour à la case QTE). D’autant que l’idée des herbes hautes qui permettent aux agresseurs d’avancer masqués est une bonne idée, même si elle donne l’impression de diriger un héros de 1,20m de haut. Turok, arrière petit neveu de passe-partout ? Possible. Toujours est-il que la jungle constitue le gros point fort du jeu, avec une ambiance visuelle et sonore bien lourde. Les décors sont évidemment souvent les mêmes, et changent simplement selon que l’on entre ou non dans un complexe généralement rempli d’ennemis armés, les autres adversaires du jeu. Que dire sur ces ersatz de Helghast (Killzone), sinon qu’ils changent agréablement des raptors et autres T-Rex ? Pas grand-chose, sinon que contre eux la maniabilité du jeu pose nettement moins de problèmes : d’une part ils sont beaucoup moins nerveux et vifs que les dinos, d’autre part l’IA du jeu reste très grossière et ne leur permet jamais d’élaborer une vraie stratégie. Dommage, mais finalement reposant. Pour revenir rapidement sur les atouts du jeu, on précise que bien entendu Turok dispose de son arc, qui se révèle être – de loin – l’arme à distance la plus efficace. L’honneur est sauf…

Turok - test - 07/02/2008 Turok - test - 07/02/2008
Les couleurs sont parfois un peu ternes, et renvoient surtout à l’un des points les plus scandaleux du moment (pas que chez Turok) : la différence de traitement entre la version X360 et celle sur PS3 d’un même jeu...

Quid de la réalisation du jeu d’une manière générale ? On l’a dit, la jungle est plutôt bien rendue et donne à l’aventure un petit cachet accablant plutôt agréable. Pour autant, il faut bien reconnaître que sur un strict plan technique, les développeurs de chez Propaganda Games n’ont pas fait des merveilles. Les persos scintillent bizarrement, les textures sont fines mais souffrent de retards d’affichage bien présents, sans être au niveau d’un Mass Effect heureusement. Les couleurs sont parfois un peu ternes, et renvoient surtout à l’un des points les plus scandaleux du moment (pas que chez Turok) : la différence de traitement entre la version X360 et celle sur PS3 d’un même jeu. Pour Turok, alors que la première n’a rien de transcendante mais affiche des caractéristiques correctes (pas de ralentissements, etc.), la seconde souffre de défauts qui lui sont propres, et totalement aberrant à ce niveau d’exigences. On ne discutera pas ici des responsabilités de chacun : Sony pour avoir mis au point une console difficile à manœuvrer ? Les équipes de Propaganda pour n’avoir pas su contourner les problèmes ? L’éditeur Disney pour avoir pressé les développeurs ? Peu importe, l’essentiel est là : la version PS3 de Turok est indéniablement en dessous de sa comparse X360, notamment en terme de couleurs, de textures et de ralentissements. Ceux qui possèdent les deux machines feront leur choix, ceux qui ne possèdent ‘que’ la PS3 sauront que leur version est mal finie. Rien de rédhibitoire, mais il va falloir que les choses changent, et rapidement. Le mot de la fin sur les possibilités multijoueurs de Turok en ligne : des affrontements jusqu’à 16, sur des maps plutôt bien pensées. Le tout reste extrêmement classique (pas au niveau d’un CoD 4 ou d’un Halo 3)… à l’image du jeu finalement.


Turok n’est évidemment pas un mauvais jeu, il est simplement très en deçà de ce que l’on pouvait attendre de lui. Il offre tous les classiques de la série (dinosaures vifs et violents, armes en pagaille, jungle oppressante), mais s’embarrasse de défauts étonnants : une réalisation graphique assez moyenne (avec un carton rouge pour les différences PS3/X360), une durée de vie sans excès, aucune vraie innovation, et surtout une maniabilité qui rend le jeu insupportablement difficile. Essayez la démo : si vous sortez de la grotte sans perdre votre sang froid, le jeu est fait pour vous. Sinon, vous êtes prévenus...

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