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Test : Patapon


Testé sur PSP
Publié le 27/02/2008 Par Mathieu Chartier

Ludique et boulimique, LocoRoco a le mérite d’avoir popularisé l’originalité auprès des possesseurs de Playstation Portable. Une réussite totale qui aurait pu marquer l’arrivée d’une armée de clones prête à infiltrer une brèche à peine ouverte. Fort heureusement, LocoRoco demeurait unique, s’installant comme une curiosité à ne pas manquer dans le spectre des productions PSP toujours plus portées et surtout hyper formatées. Cependant, les joueurs amateurs d’univers neufs attendaient du coin de l’œil sans trop y croire l’arrivée d’un nouveau représentant de l’originalité vidéoludique. Son nom : Patapon. Un drôle de projet présenté en quelques images durant la conférence Sony du dernier E3 dans l’effervescence collective, la presse n’ayant eu besoin que d’une dizaine de secondes pour saisir le potentiel d’un univers dont ont ne connaissait alors quasiment rien, si ce n’était son envie d’en découdre dans l’arène du non-conformisme. Entre minimalisme kawaï, personnalité marquée et vraies mécaniques de jeu, voici Patapon !

Si définir Patapon est un exercice difficile, lui trouver de justes qualificatifs est une tâche encore plus ardue. La raison d’un tel dilemme : Patapon n’est pas seulement original, il est également un bon jeu vidéo, si bien qu’il serait cruel de l’habiller avec les superlatifs communs et autres expressions toutes faites. Car Patapon ne joue clairement pas dans la catégorie du prêt-à-porter, bien au contraire. Derrière sa coupe élégante se cachent en faite des plis rigides, et il faudra savoir se sentir à l’aise dans l’épatante sobriété de son costume pour être en mesure d’en profiter comme il se doit. A l’inverse de LocoRoco, il faut donc savoir que Patapon est tout sauf un jeu malléable. Comme la boîte à musique qui lui sert d’enrobage, il ne tolère pas les fausses notes et fait payer à son musicien le moindre faux pas. Malgré les apparences, pas sûr que Patapon soit aussi grand public que certains auraient pu l’imaginer.

Patapon - 04/01/08 Patapon - 04/01/08
Quels sont donc les ingrédients qui sont à l’origine de cette alchimie presque parfaite ? La recette est simple, même s’il fallait évidemment à Sony pas mal de talent pour réussir à assaisonner le tout. Patapon est un jeu musical au sens où la musique est l’élément principal du gameplay. Mais il est aussi un jeu stratégique puisque l’on y progresse, tel un général, en menant ses troupes au combat. Il est aussi d’ailleurs un jeu de rôles, puisque l’on y frappe les tambours de guerre tout en formant tactiquement ses rangs, sans oublier de gérer la montée en puissance de ses unités via l’équipement adéquat de celles-ci. Enfin, Patapon est une fable. Un univers grave où la gaieté est toutefois conservée grâce aux sens du rythme et de l’humour naturels des patapons. Un conte lyrique comme on aimerait pouvoir en raconter plus souvent aux enfants. Le tout soigneusement rangé dans un écrin de perfection.

A l’inverse de LocoRoco, il faut donc savoir que Patapon est tout sauf un jeu malléable...

Nul besoin d’en écrire davantage, vous aurez compris que Patapon sera considéré comme une perle pour quiconque saura en apprécier les partis pris artistiques et ludiques. Toutefois, Patapon est un jeu dans lequel – malgré nos craintes de départ – le joueur est bel et bien acteur et non seulement un simple spectateur reproduisant en rythme quelques gimmicks tous droits sortis de Parappa The Rapper à base de "rond, rond, carré, rond". Heureusement d’ailleurs, car son gameplay est hautement basique, très répétitif, et presque rébarbatif sur la longueur. Dans un premier temps, il s’agit de se concentrer sur la rythmique pour enchaîner les combos et donner à son armée la cadence idéale pour progresser dans les lignes ennemies grâce aux quelques chants permettant de donner des ordres limités : avancer, attaquer, se protéger. Très vite, la problématique devient toute autre et sauve le jeu d’un bourbier dans lequel il aurait pu sombrer. La difficulté monte d’un cran et Patapon se révèle sous un autre jour, comme un jeu délicat à appréhender faisant intervenir aux côtés du timings des notions aussi intéressantes que la précision d’exécution (avec des distances d’attaque à gérer) ou le farming.

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