En terme de gameplay, la principale évolution de cet épisode tient en la capacité du moteur physique à donner crédit et cachet au petit monde virtuel qui s’agite à l’écran. Et en utilisant Euphoria (le moteur de NaturalMotion), Rockstar a opté pour une solution offrant un résultat saisissant, repoussant encore les limites de l’immersion et décuplant le plaisir connu par le joueur au moment de diriger Niko ou conduire des bolides avaleurs d’asphalte. C’est donc une grande première dans un GTA, le moteur physique tient enfin la route et l’on n’a plus à subir l’incohérence des chocs, la raideur de son personnage, des courses poursuites sans saveur ou des échanges armés totalement rigides. Il est par exemple désormais possible d’escalader avec réalisme n’importe quel muret ou grillage. Aussi, il ne faut pas perdre de vue que GTA IV est toujours un jeu dans lequel il faut négocier de nombreuses courses poursuites haletantes. Courses poursuites qui, grâce à la véracité des réactions du moteur physique, gagnent en intensité alors que le pilotage devient un art réellement technique. Terminée la drôle d’impression de piloter des Majorettes lancées à contresens et capables d’esquiver avec nervosité n'importe quel obstacle. Ici, les vieilles mécaniques aux suspensions molles et aux pneus slicks dérapent telles la Ford Gran Torino coupée de Starsky & Hutch, et le premier virage un peu téméraire se finit immanquablement dans le mur. Il faut donc désormais apprendre à maîtriser les transferts de masse exagérés et piloter avec délicatesse pour s’immiscer entre les files sans faire trop de dégâts. Surtout que la circulation est souvent dense sur les principaux axes de Liberty City. Heureusement, à mesure que l’on accède à des catégories de véhicules plus haut de gamme, on découvre des sensations de conduite toujours meilleures avec plus d’adhérence, de reprise. On est évidemment pas dans un simulateur de course perfectionniste type Gran Turismo ou Forza, mais la série profite des consoles de nouvelle génération pour faire un énorme bond en avant en terme de sensations de pilotage.
Niko peut enfin se jeter derrière n’importe quel obstacle pour se mettre à couvert, tirer à l’aveugle, et il dispose d’un système de visée convaincant
Mais si réactions physiques et animations se devaient d’évoluer à ce point pour renouveler réellement l’expérience de jeu proposée par GTA, les amateurs de la série attendaient également impatiemment l’arrivée d’un vrai bon système de jeu capable de gérer les fusillades caractéristiques de la série et autrefois bien trop frustrantes. Qu’on se rassure, Rockstar s’est enfin décidé à mettre au point un système inspiré par les tous meilleurs jeux de shoot à la troisième personne. Evidemment, Resident Evil 4 et Gears of War sont passés par là, tout comme les nombreux autres jeux de shoot qui se sont imposés sur les consoles de nouvelle génération. Et GTA IV en tire à bon escient le meilleur, sachant désormais générer des sensations grisantes lors des échanges musclés dont abuse le jeu, mais dont le joueur sera sans cesse demandeur tant ils se révèlent impressionnants à vivre et plaisants à jouer. Niko peut se jeter derrière n’importe quel obstacle pour se mettre à couvert, tirer à l’aveugle, et il dispose d’un système de visée en deux étapes. Si l’on presse la gâchette gauche au maximum, on passe dans un mode de visée auto qui facilite les échanges de balles. Si au contraire, on n’appuie qu’à moitié sur cette gâchette, on peut profiter d’un ciblage semi-auto autorisant plus de précision et permettant d’aller chercher le fameux headshot. Au moment de viser, la caméra passe bien évidemment derrière l’épaule de Niko et l’on profite ainsi d’un angle particulièrement bien choisi pour apprécier au plus près le travail de sang froid de notre hitman venu de l’Est. Un système classique qui réussit toutefois à complètement remanier le schéma de jeu de GTA IV dans ces moments d’adrénaline pure qui n’oublient évidemment pas de profiter d’un réalisme toujours présent, que ce soit dans la façon dont s’écroulent les ennemis criblés de balles qui tentent une dernière salve meurtrière au moment d’heurter le sol, ou dans le rendu très travaillé de ces scènes pendant lesquelles le fracas sec des armes à feu inonde le tympan.
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