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Test : Secret Files Tunguska


Testé sur Wii
Publié le 06/05/2008 Par Mathieu Chartier

C’est fin 2007 que sortait Secret Files : Tunguska sur PC. Un point & click au sens le plus traditionnel du terme, qui avait beaucoup promis en phase de promotion, et qui s’est finalement avéré être un titre trop classique pour s’imposer comme un must-have, mais suffisamment cohérent pour ravir les fans d’un genre revenu à la mode. Avec sa Wiimote, la Wii de Nintendo est naturellement douée pour le point & click, et avant d’accueillir la première saison de Sam & Max dans les mois qui viennent, la Wii enrichit sa ludothèque d’un portage console de Secret Files : Tunguska. Logiquement, cette version du jeu n’offre pas la moindre surprise. Le portage étant correctement assuré, l’essentiel l’est aussi. Il s’agit en revanche d’une excellente occasion pour revenir sur cette aventure que nous avions boudée faute de temps en fin d’année dernière…

Si c’est l’humour qui a souvent propulsé les toutes meilleures productions de la sphère du point & click, Secret Files : Tunguska sait exister sans forcément se montrer désopilant. Le premier jeu des Allemands de Fusionsphere Systems mise donc ouvertement sur autre chose, le dépaysement pour être précis. Plus froid, Secret Files : Tungunska n’est donc pas forcément moins chaleureux. Dépaysement que l’on ne trouvera toutefois ni dans la construction du jeu, ni dans son scénario. Convenu, à peine enlevé. On y incarne une jeune héroïne en mal d’aventures, Nina, venue rendre visite à son chercheur de père lorsqu’elle tombe, désemparée, sur le bureau vide et complètement dévasté de ce dernier. Un kidnapping en bonne et due forme que la belle ne se fait pas prier pour élucider. Le genre de situation dans laquelle la présence d’un compagnon docile et serviable est la bienvenue, surtout lorsqu’elle sert à diriger la narration du titre autour de dialogues malheureusement trop souvent insipides, très rarement brillants. Ce compagnon, c’est Max dont on ne prendra le contrôle qu’en de très rares occasions. A tous points de vue, Secret Files : Tunguska est donc un titre classique, nous l’avons dit. Les amateurs de point & click savent donc parfaitement à quoi s’en tenir : scruter chaque pixel possiblement interactif du pointeur de leurs souris (ou de leurs Wiimote en l’occurence), enrichir inlassablement leurs inventaires, dialoguer avec nombre de PNJ afin de récolter un maximum d’informations… Et ainsi renforcer leurs chances de résoudre, sans trop de difficultés, l’enchaînement d’énigmes et de rouages retors qui se glisseront immanquablement sur la route de Nina.


Secret Files Tunguska - Test - 06/05/08 Secret Files Tunguska - Test - 06/05/08

L’avantage du côté terre-à-terre de Secret Files : Tunguska, c’est que ce contexte favorise les énigmes logiques. Fait rare dans un point & click, l’implacable logique humaine permet de résoudre de nombreux puzzles (!). Bien évidemment, on ne manquera tout de même pas d’avoir à affronter le sadisme des développeurs qui n’ont pas pu se résoudre à éviter les couplages d’objets farfelus et autres allers/retours obligatoires défiant toute raison. Mais dans l’ensemble, la difficulté s’en voit réduite (surtout grâce à l’activation d’une aide intelligente appelée Snoop Key), ce qui permet de rester en partie captivé par le jeu. Snoop Key, une bonne idée qui – sur ordre du joueur uniquement – affiche les éléments interactifs d’une pièce, sans toutefois donner la solution. De quoi éviter de tourner trop longtemps en rond. Le jeu s’en tire d'autant mieux sur les vraies énigmes à indices, gratifiant le joueur réussissant à saisir au premier bond la solution, même si celle-ci n’est pas forcément très subtile. L’aventure ainsi proposée est assez longue, et donc plutôt bien ficelée pour qui saura s’imprégner de ce voyage autour du monde teinté de mystique. A ce titre, les cinématiques du jeu sont à classer parmi ses points forts, elles qui profitent de superbes rendus, fourmillant de détails. En revanche, les personnages principaux n’ont pas été dotés d’animations faciales, perdant immanquablement en charisme. Tels des pantins de cire, ils miment donc sans émotion, ce qui à de quoi surprendre. Sauvés, ils profitent d’un doublage en VF carrément crédible. Un point qui a son importance et qui finit de faire pencher Secret Files : Tunguska du côté positif de la balance.

La Wiimote se substitue très efficacement à la souris et confirme que le point & click a aussi sa place sur consoles et peu se jouer confortablement vautré sur son canapé...

Finissons bien entendu par faire le point sur la qualité de ce portage Wii. Si les cinématiques ont conservé leur attrait, le reste du jeu y a pas mal perdu en finesse, comme nous pouvions le craindre. Les très jolis tableaux de la version PC ont donc souvent laissé place à des environnements plus pixélisés qui n’épargneront pas les yeux de joueurs un tant soit peu regardants. En revanche, la Wiimote se substitue très efficacement à la souris et confirme que le point & click a aussi sa place sur consoles et peu se jouer confortablement vautré sur son canapé. Il convient cependant de s’interroger de l’intérêt d’un tel portage. Car si le vaste public de la Wii doit bien compter quelques amateurs de jeux typés point & click, il n’est pas dit qu’il y ait un large public pour le classicisme de Secret Files : Tunguska, qui apparaît comme anti-fun à première vue. Un titre tout ce qu’il y a de plus classique qui manque d’une vraie identité artistique pour se démarquer. Mais suffisamment efficace pour faire oublier la linéarité de l’aventure et immerger le joueur dans un histoire potable. Il faudra comparer les chiffres de vente de ce Secret Files : Tunguska sur Wii à ceux de la première saison de Sam & Max sur le même support pour voir s’il existe bel et bien un public pour ces point & click console, et surtout, pour quel genre de point & click...


Ce portage Wii de Secret Files : Tunguska confirme que le genre très strict du point & click a sa place sur la console de Nintendo. Le jeu y perd en finesse au niveau de ses environnements (l’un de ses points forts sur PC), mais le confort de jeu est conservé et toutes les conditions sont réunies pour combler les amateurs du genre que le classicisme de l’exercice n’effraie pas. On a connu des aventures plus inspirées, et bien plus drôles, mais le dépaysement offert par Secret Files : Tunguska est ailleurs, dans son voyage sans frontières et plutôt prenant par moments, et dans son défi mesuré. A réserver aux amateurs.

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