Nous mettons donc le doigt sur la raison principale de la trop grande facilité du titre car du côté de l’intelligence artificielle, tout se passe de façon relativement correcte. Sans atteindre l’excellence d’un titre comme F.E.A.R. dans le domaine, les ennemis de Prey n’en demeurent pas moins des cibles mouvantes capables par moment d’un soupçon de perspicacité. Se mettre à couvert et rusher, voilà cependant le gros de ce que savent faire ces créatures douées de juste ce qu’il faut d’agressivité. L’action est donc plaisante et angoissante grâce aux bienfaits du level-design labyrinthique, qui offre avec ses portails, des possibilités de jeu captivantes puisqu’il est par exemple possible de tirer sur ce que l’on voit de l’autre côté de ces fenêtres dimensionnelles qui deviennent alors bien plus que de simples ouvertures visuelles. Une franche réussite donc puisque les fondements mêmes du jeu trouvent une application directe et complète dans le gameplay, obligeant le joueur à plus de prudence mais lui procurant également un plaisir aux alternatives décuplées par cette gestion du shoot à 360° et au travers des dimensions.
Les tripes de Doom 3
Techniquement, le choix du moteur de Doom 3 semble s’être naturellement imposé aux développeurs de chez Human Head, offrant à la fois la possibilité d’afficher sans trop de soucis un univers fouillé et vif, ainsi que d’utiliser massivement toutes sortes d’effets visuels répondant aux exigences technico-organiques du titre. Résultat des courses, Prey est un jeu visuellement très abouti réussissant le pari d’allier une technique très propre (frame-rate irréprochable) à un design extravagant, dense et insolite. La sphère, qui est présentée dans le titre comme un personnage à part entière, bénéficie donc d’un rendu franchement captivant, tout comme l’ensemble du titre graphiquement très homogène malgré des textures toujours un peu brillantes.
Moins sombre et plus généreux que son modèle, Prey réutilise donc à bon escient les paramètres offerts par le Doom 3 Engine réussissant à conférer au jeu toute la décadence nécessaire pour lui permettre d’espérer pouvoir imposer sa patte sur un domaine où les grosses pointures ont déjà quasiment tout expérimenté. Une patte qui restera identifiable au premier coup d’œil par les connaisseurs malgré certaines similitudes inévitables, et loin d’être dérangeantes, avec des Doom ou des Quake… pour sûr, d’un point de vue purement esthétique, Prey joue dans la cour des grands.
Une expérience intense, mais souple et concise
Oui mais voilà, en dépit de ces bon réglages, il en est un que Human Head a légèrement sous estimé : la difficulté. En rendant ainsi l’épopée du joueur relativement accessible, le titre perd incontestablement de son défi. Non pas qu’il s’agisse ici d’une ballade dominicale relevée d’extermination d’aliens, loin de là, mais la courte durée de l’expérience (8 à 10 heures) et l’invincibilité du héros encouragent le joueur à embarquer dans la tourmente du titre de façon beaucoup plus relax. Un choix évidemment compréhensible de par des critères d’accessibilité mais que regretteront les vrais amateurs du genre, qui s’attendront logiquement à en découdre de façon beaucoup plus virile. Plus que de la bravoure, c’est de la persévérance dont devront par conséquent s’armer les joueurs moins coutumiers du genre. Ce sont donc là des paramètres évidemment voulus, mais qui ôte malgré lui de sa superbe à Prey.
Heureusement, ceux qui voudront prolonger l’intensité de l’épreuve outre la campagne solo qui n’offre, avouons le, qu’une rejouabilité très limitée comme la grande majorité des FPS, pourront toujours se taper quelques grosses tanches d’un multi aussi gras que l’on pouvait l’imaginer. Du multi qui tache, mais de façon très limitée là encore puisque seuls le Deathmatch et le Team Deathmatch sont proposés sur six maps qui réussissent malgré tout à imposer une densité jouissive aux parties, principalement pour quatre d’entre-elles même si sur ce coups là on attendait peut être un peu plus de folie…
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