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Tendances 2006 : Flop 10


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Publié le 22/12/2006 Par Mathieu Chartier, Christophe Collet

Image8. Un GTA-like sinon rien

On le sait : un succès interplanétaire sera toujours suivi d’une foule de copies plus ou moins réussies, souvent très moyennes pour ne pas dire médiocres. Et le succès de GTA III sur PS2, pour aussi vieux qu’il soit (octobre 2001) est à l’origine d’un véritable mouvement de fond vidéoludique dont les conséquences se mesurent encore en 2006, et plutôt deux fois qu’une ! Ainsi, les consoles de salon (PS2, X360) et dans une moindre mesure les portables (en l’occurrence, la PSP) auront connu une déferlante de portages, adaptations, copies en tous genres, assez sidérante. Notamment - et le phénomène est lié aux rapports avec le cinéma vu plus loin - dans le cadre d’adaptations de films de mafia à succès, registre de prédilection du GTA-like. Qu’il s’agisse du Parrain (sorti au printemps 2006) ou de Scarface (automne 2006), aucun de ces titres ne fait honneur au film dont il est issu, malgré la bonne volonté évidente des développeurs mis sur ces projets. Saints Row en revanche, est un peu différent dans la mesure où il s’agit d’un titre original. Pourtant, et là encore malgré le talent et les idées des équipes de développement, il est difficile de trouver un réel intérêt à un jeu qui ne fait que reprendre des recettes déjà éculées avant même sa sortie. Enfin, et nous touchons là au sommet du recyclage, presque au burlesque total : comment ne pas évoquer les allers-retours de la série GTA entre PSP et PS2, avec le concept déjà culte démocratisé par Rockstar, le remake de remake ? Que l’on se comprenne bien : dans l’absolu, les jeux dont nous parlons sont techniquement plutôt bons, voire même réussis. Mais un tel acharnement - de la part d’une société innovante - à ne produire que des remakes sans fins, un tel manque d’ambition à court terme laisse rêveur. En attendant GTA IV, d’ores et déjà prévu sur PS3 et X360 en octobre 2007…


Image7. PC & PSP, le paradis des portages bâclés

C’est une évidence, depuis quelques temps – et encore davantage depuis l’arrivée des consoles de nouvelle génération – le secteur des consoles prend le pas sur celui du jeu PC. Une longueur d’avance en parts de marché sur les trois principaux continents, que les joueurs PC espèrent combler avec l’arrivée prochaine de Windows Vista et sa plateforme DirectX 10. Quoi qu’il en soit, et au grand désespoir de ceux que l’on appelle parfois les « PCistes », la plateforme Windows voit adapter de plus en plus de jeux venus de la branche des consoles et rarement avec le plus grand soin. Les exemples de portages bâclés, se résumant à l’affinage de quelques textures et à l’ajout d’anti-aliasing, sont donc nombreux de Resident Evil à Devil May Cry en passant par Onimusha. Pire, certaines licences qui sont nées dans le plus pur esprit PC, à savoir des titres pointilleux voire intransigeants, se sont vues carrément dérobées par les consoles.

Ce fut le cas de deux grosses licences Ubisoft par exemple avec Rainbow Six ou Ghost Recon. Gameplay remanié vers plus de fun, plus d’accessibilité et réalisation technique optimisée pour la XBox 360 - pour les derniers opus de ces deux séries - quitte à ce que les versions PC en pâtissent : la goûte d’eau a déjà fait déborder le vase pour de nombreux joueurs s’estimant trahis par une telle redirection de leurs franchises préférées au profit de joueurs consoles ravis d'accueillir des jeux de qualité. Mais les portages bâclés ne sont pas l’apanage des seuls joueurs PC, et les possesseurs de PSP en connaissent également la chanson. Surtout que la proximité des plateformes de développement des consoles de Sony facilite la tâche aux studios dans ce délicat exercice qu’est le portage. Et des jeux PS2 dont le portage fut bâclé sur PSP, il y en a eu en masse cette année, de Medal of Honor à Socom, de Tony Hawk à NBA Streets, de Formula One à WRC ou encore Breath of Fire, l’un des RPG phare de la PSOne. Pourtant, Gamebe n’est pas du genre à cracher sur les portages lorsqu’ils sont bien réalisés et c’est bien là toute la difficulté pour les développeurs, pressés par leurs éditeurs qui y voient simplement la capacité à toucher de nouveaux publics sans avoir à réinvestir dans la conception d’un nouveau jeu. Et trop rares sont les studios à s’attacher à remanier technique et gameplay pour proposer un résultat qui fasse honneur à la nouvelle plateforme de destination. Espérons qu’à l’avenir, les modules de portages permettront d’atteindre de meilleurs niveaux de qualité.

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