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Test : CoD Roads to Victory


Testé sur PSP
Publié le 13/04/2007 Par Guillaume

La PSP n’est pas spécialement la plate-forme la mieux taillée pour les FPS, c’est un fait. Les éditeurs envoient néanmoins ponctuellement au casse-pipe leurs plus prestigieuses licences du genre. Les amateurs de Seconde guerre mondiale avaient déjà eu droit à Medal of Honors Heroes. C’est au tour de la série Call of Duty de tenter sa chance avec le volet Les Chemins de la victoire. Un sous-titre plein d’autorité mais qui reste malheureusement un rêve plus qu’une réalité. Les bidasses de ce CoD nomade ont les pieds plats. Réformés !

Les tirs de mortier fusent, les tranchées jonchées de cadavres tremblent, les patrouilles d’Allemands - pardon de « Frisés » - font claquer leur bottes. La seconde guerre mondiale, c’est d’abord une ambiance. De fin du monde. Et Call of Duty a toujours excellé à la restituer sur consoles de salon et PC. Que les fans de la série se rassurent : sur PSP aussi, on en prend plein les yeux, les oreilles, les narines et les poumons. Du grand spectacle, même sur petit écran. Musiques, bruitages, effets spéciaux, explosions exploitent parfaitement les ressources de la console de Sony. Touché, notre héros commence à voir trouble, entend les sons comme s’ils venaient de très loin. Chaque bruit peut avoir son importance notamment celui d’une grenade dégoupillée roulant dans votre direction. Dommage que le même soin n’ait pas été apporté aux textures des environnements. Les décors souffrent d’un aspect uniforme, alors même que l’effort avait été fait de nous balader en Italie, en France ou aux Pays-Bas, de collines imprenables en plages éventrées en passant par des bunkers sinistres ou des palais imposants. Ce manque de détails nuit aussi beaucoup aux personnages. Nos frères d’armes sont à l’évidence tous nés de la même mère, quant aux Allemands, ils ont sans doute été clonés dans une usine de la Ruhr. L’impression de tirer à chaque fois sur la même personne enlève à l’immersion...
Call of Duty Les Chemins de la Victoire Call of Duty Les Chemins de la Victoire
Les effets sont plus réussis que ceux de Medal of Honor Heroes
sur la même machine, mais les graphismes sont moins fins.

... Surtout dans un jeu aussi linéaire. Car si CoD ne nous arrime pas à proprement parler sur des rails, il nous indique quand même sacrément la route à suivre. Les Chemins de la Victoire sont du genre directs, dénués d’intersections. Sans que le level design ne sauve la mise par une inventivité débordante. Service minimum. Que l’on accompagne les Américains, les Canadiens ou les Britanniques, on suit bien gentiment les éclaireurs, se contentant d’assurer mécaniquement la partie shoot. La maniabilité est dans la moyenne. Sans surprise sur cette console, on se déplace avec le stick analogique et l’on vise avec les quatre boutons, avant d'enclencher le tir avec R. La précision peut être affinée dans les menus même si la sensibilité du viseur n’en changera pas non plus du tout au tout. Le lock automatique assure globalement même s’il charrie son lot de n’importe quoi et donc occasionnellement de sévères frustrations quand bien sûr il s’entiche d’une cible secondaire au détriment d’une menace plus pressante. Le vrai défaut des affrontements, c’est leur caractère très scripté. Rien à attendre comme d’habitude de nos coéquipiers. Ils vont au charbon par vagues en kamikazes. Paix à leur âme. On est en revanche parfois agréablement surpris par les réactions réalistes de certaines unités ennemies partant se mettre à couvert ou profitant de ce que vous êtes en train de recharger pour vous allumer. Mais la plupart s’en tiennent quand même scrupuleusement à un scénario connu d’elles seules. Parfois, elles décideront de ne pas vous voir quand vous êtes pourtant seul, à quelques mètres, à découvert. Vous aurez alors l’éternité pour placer quatre headshots d’affilée sans stress, comme à la fête foraine.

Nos frères d’armes sont à l’évidence tous nés de la même mère, quant aux Allemands, ils ont sans doute été clonés dans une usine de la Ruhr...

Tout cela manque clairement de challenge. Il y a bien quelques morceaux de bravoure comme cette bataille aérienne à bord d’un avion américain ou la prise de tel ou tel avant-poste. Mais ces passages sont bien trop rares, pas forcément les plus ardus, souvent ultra-scriptés, déjà vus. L’affaire se plie au final en une poignée d’heures. En temps de jeu effectif, il y en a à peine pour 4 h 30 dans la campagne solo. Dans les faits, comptez sept heures au maximum – passages crispants à recommencer dix fois, obligent -, auxquelles s’ajoutent neuf cartes en multi jouables jusqu’à 6. Activision comptait visiblement pas mal sur la rejouabilité de son titre. Mais ni les bonus, très maigres, ni la qualité de la campagne n’incitent à y revenir encore et encore. Plutôt pauvre.


C’est sans passion qu’on livre bataille dans ce Call of Duty : Les chemins de la victoire. La faute à une réalisation qui oublie d’insuffler un peu d’âme dans la machine. Affrontements mécaniques, IA robotisée, le jeu suit son cours au pas de course. Cette guerre éclair manque en plus clairement de contenu. Un titre au final assez anecdotique qui n’aura sa place que dans la ludothèque des fondus de l’époque.

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