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Test : God of War II


Testé sur PS2
Publié le 30/04/2007 Par Mathieu Chartier

Souvenez-vous la claque Devil May Cry. Un jeu d’action technique et frénétique, beat’em all à ambiance folle et défouloir ahurissant, autant de superlatifs qui participèrent à hisser très haut les attentes des fans pour une suite qui déçut énormément. Et tout le risque est là ! Car quand on se risque à créer un mythe, il faut être capable de relever le défi – d’autant plus laborieux – d’en assurer une suite tout aussi monumentale. David Jaffe et ses équipes avaient la pression, mais aussi tout l’attirail technique pour mener à bien cette mission sur God of War II. Coup de génie, ils ont également réussi à créer les étincelles qui permettent à ce deuxième épisode d’enflammer la réussite du premier. Un brasier sanglant, qui fait du superlatif son leitmotiv.

Avant de se lancer dans une énumération dithyrambique des qualités universellement reconnues de ce God of War 2 (qui est réellement le jeu de toutes les satisfactions), et parce qu’il est difficile de faire autrement, commençons par aborder les points qui fâchent. Que dis-je ? LE mauvais point du titre, qui n’altère en rien le plaisir de jeu mais fera tiquer les aventuriers qui aspirent à vivre une aventure vidéoludique en étant porté par une trame solide. Il n’en est donc rien ici. L’action n’est pas rythmée par les retournements de situation ou l’ingéniosité du scénario. D’ailleurs, si celui-ci existe vraiment dans les studios de Sony à Santa Monica, il ne doit pas excéder quelques feuillets. Neo-dieu de la guerre, Kratos – un héros particulier à bien des égards – s’est rapidement fixé pour objectifs de guider ses spartiates dans la conquête de la Grêce Antique, et ce dans un ouragan de feu et de sang. Obstiné, Kratos n’hésite pas, dans ses excès guerriers, à tenir tête à Athena et à tisser un pacte avec Zeus, que le dieu des dieux ne tiendra pas. C’est Gaia, mère créatrice de la terre, qui repêchera Kratos au fond du gouffre, lui donnant l’élan de se venger. Heureusement, les artifices – nombreux – sont bel et bien là pour imprégner le joueur de toute la férocité de God of War 2. Une réalisation à laquelle il serait bien prétentieux d’oser faire le moindre reproche, tant la prise de vue est maîtrisée et tant la mise en scène sublime l’action.

God of War II - 30/04/2007 God of War II - 30/04/2007

Car qui s’encombrerait d’un plan trop complexe alors qu’il a dans les mains une essence tellement attractive qu’elle est à même de faire oublier tout ce qui l’entoure. Cette essence, c’est évidemment le fruit d’une alchimie parfaite entre un fond de jeu quasi irréprochable et une technique improbable sur une PS2 en fin de vie. Dès ses prémices, l’aventure annonce d’ailleurs ses ambitions. Jamais entrée en matière n’aura été aussi jouissive. Vous vous souvenez sans doute du passage de l’hydre dans God of War, et bien le second opus vous offre sur un plateau un affrontement d’anthologie avec le colosse de Rhodes. Bouche béante devant l’ampleur des scènes qui s’enchaînent, le joueur n’a d’autre choix que d’être à chaque seconde estomaqué par les efforts constants de mise en scène qui remettent Kratos à sa place, simple guerrier noyé dans des batailles qui apparaissent chaque fois comme insurmontables. C’est donc en minimisant le personnage dans des environnements dantesques, en généralisant cette impression de ne rien maîtriser, que naît chez le joueur ce sentiment si spécial de satisfaction intense à chaque tableau passé, avec la rage au ventre de découvrir les surprises du suivant. Ne s’agit-il pas là d’une caractéristique révélatrice du génie d’un jeu ? Sans aucun doute, car lorsque l’on se lance avec émoi dans cette fièvre barbare qu’est God of War 2, il est extrêmement difficile de lâcher le morceau avant d’en voir le bout. Une grosse dizaine d’heures qui défilent à une vitesse vertigineuse, sans temps mort, avec une graduation constante de l’intensité. Et une fois au bout, quelle tentation de se frotter à un niveau de difficulté plus poussé. Pour un nouveau défi, une nouvelle adrénaline. Là encore, la marque des grands jeux.

On aborde God of War 2 comme LE jeu/spectacle par excellence. Un honneur, et pas des moindres, à l’heure où l’on attend des consoles de nouvelle génération que ce soient elles qui nous fassent vivre ce genre d’émotions...

Autant d’heures de jeu qui sont un plaisir pour les sens et surtout pour les yeux. Sans faire ici l’étalage des artifices visuels qui font que God of War 2 est une production qui ne ressemble à aucune autre, nous nous contenterons de faire l’apologie de sa réalisation. Tout d’abord, un moteur de jeu qui ne bronche jamais, peu importe la taille ou le nombre des ennemis à l’écran. Aussi, difficile de résister aux échelles et perspectives ahurissantes effleurées plus haut et qui participent définitivement à véhiculer l’émotion de l’écran au pad. Quant au sens du spectacle, que ce soit dans les multiples effets visuels ou le parti pris dans le placement audacieux de certaines caméras, il est évidemment omniprésent. Si bien que l’on aborde God of War 2 comme LE jeu/spectacle par excellence. Un honneur, et pas des moindres, à l’heure où l’on attend des consoles de nouvelle génération que ce soient elles qui nous fassent vivre ce genre d’émotions. Ce qui est encore bien trop rarement le cas à l’heure actuelle.

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