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Retour : The Elder Scrolls IV Oblivion


Testé sur PS3
Publié le 03/05/2007 Par Christophe Collet

Bon...la prison, c'est sympa 30 minutes, mais on s'en lasse finalement assez vite. Et lorsque l'on arrive dehors et que l'on découvre l'immensité du monde qui nous attend, c'est la claque. Ni plus ni moins. « Alors on peut le dire tout de suite : certes, sur un strict plan graphique, les textures sont moins belles et fines qu'un Ghost Recon 3 », voilà ce que nous écrivions au moment de la sortie du jeu sur X360. « Sauf que dans Oblivion, le monde s'étend à perte de vue ! Qui n'a jamais, une fois les 3-4 premières quêtes finies, pris son cheval pour galoper vers la majestueuse Cité Impériale, loupe forcément un grand moment de jeu vidéo. Chaque élément du décor est visible de tellement loin que s'en est presque troublant. Et c'est en tout cas jamais vu sur console, ou sur PC d'ailleurs à condition de bénéficier d'une config' à la hauteur ». Evidemment, cette appréciation des choses peut sembler obsolète en 2007. Cependant, il faut reconnaître que la version PS3 de Oblivion semble toujours superbe, un zest plus fine que sur X360 d'ailleurs et bénéficiant d'une profondeur de champ encore plus remarquable. Les déplacements entre les quêtes sont un pur bonheur : notre héros galope entre les montagnes, corrige quelques brigands maladroits, quand soudain l'horizon se dégage et la Cité apparaît. Immense, magnifique au milieu de la plaine, il faudra encore de longues minutes pour arriver jusqu'aux murs d'enceinte. Et ce n'est qu'un exemple parmi une infinité : les environnements sont variés, chaque donjon perdu au milieu de la forêt est un régal d'investigation. En fait, sans parler de la quête principale, la durée de vie du jeu tient déjà la route grâce au plaisir immense que l'on prend à parcourir les terres de Cyrodiil.A noter toutefois que les flemmards ou les pressés pourront aller directement d'une ville à l'autre en un click de bouton, le jeu se chargeant de nous faire parcourir la route le temps de dire « chargement ». Des chargements d'ailleurs assez longs et qui constituent un autre des rares points faibles du jeu, même si là encore là version PS3 corrige légèrement cet aspect des choses : les chargements sont un petit peu moins longs... mais pas moins présents !

Il faut reconnaître que la version PS3 de Oblivion semble toujours superbe, un zest plus fine que sur X360 d'ailleurs et bénéficiant d'une profondeur de champ encore plus remarquable...

En fait, on pourrait scinder la critique graphique de Oblivion en deux : d'une part la flore qui est tout simplement magnifique et foisonnante, et d'autre part la faune qui elle souffre d'une rigidité assez regrettable. « C'est probablement l'aspect le moins new-gen du jeu, et on le retrouve malheureusement sur notre personnage : sa modélisation est assez pauvre, et sa maniabilité fait parfois penser à des jeux d'un autre âge. Avec une mention spéciale aux sauts, d'une raideur assez lamentable »... et le fait est toujours d'actualité sur PS3. Cependant, il faut bien avouer que c'est un bien maigre défaut comparé à la beauté réellement inouïe des décors. Mais j'y reviens : c'est surtout par leur variété et leur habile mise en valeur que ces environnements impressionnent. Car sinon, sur un strict plan technique, il est évident que le jeu, quoique très beau, n'est pas le plus beau titre de la PS3. On s'en contentera bien volontiers, d'autant qu'il est par contre seul dans son registre sur la console de Sony. Puisque l'on a évoqué quelques points noirs (temps de chargement, perso un peu rigide et visuellement grossier), autant finir sur les sujets qui fachent. Autrement dit, parlons un peu des PnJ. Car c'est effectivement de leur côté que l'on pourrait formuler quelques reproches. D'une part, le système de persuasion n'est pas un modèle de finesse et d'intuitivité. En fait, face à un PnJ, il est possible de travailler à le convaincre de manière à ce qu'il soit plus coopératif à votre égard. Pour ce faire, un diagramme apparaît et quatre possibilités vous sont offertes : se vanter, contraindre, admirer ou plaisanter. Selon qu'il sera plus ou moins réceptif à vos tentatives, sa considération pour vous augmentera ou diminuera. Intéressant mais très rigide et finalement pas immersif du tout puisque aucun vrai dialogue ne s'instaure : vous choisissez juste un enchaînement judicieux en espérant que cela soit positif. Peut mieux faire...
Oblivion - PS3 - 03/05/2007 Oblivion - PS3 - 03/05/2007
Autre défaut qui amène parfois des situations étonnantes, l'IA. Qu'il s'agisse des combats ou des séquences plus pacifiques, les PnJ sont finalement assez rigides (là encore) dans leurs attitudes. Les ennemis d'un point de vue physique, les autres sur un plan...disons plus psychologique. Concernant les ennemis, leurs déplacements sont souvent assez stupides et il n'est pas difficile, hors certains gros mobs, de se déplacer rapidement sans dommage. Quant aux combats, rien de trop difficile une fois que l'on a compris que le bouclier a aussi une utilité. Bref, pas de gros challenge de ce côté là. Et concernant les PnJ amicaux, leurs dialogues souffrent parfois d'être incohérents entre eux, et mal adaptés à la situation. Que les choses soient claires : rien de rédhibitoire (surtout que c'est plutôt mieux qu'auparavant), simplement parfois un peu d'immersion qui se perd au passage. Exemples rapidement constatés lorsque l'on joue au voleur : entre le proprio qui s'énerve alors qu'il n'a rien vu et des gardes jamais rencontrés qui veulent nous faire faire de la prison, tout ceci manque parfois de précision. Enfin, on regrettera peut-être surtout le manque parfois criant de vie dans les cités, qui se retrouvent trop souvent peuplées de gardes pendant que les habitants sont on ne sait où. Mais tout ceci ne doit pas nous faire perdre de vue l'essentiel : la liberté proposée par Oblivion est juste phénoménale ! Qu'il s'agisse de la quête principale ou de tout ce que la vie vous offre à coté, il y a de quoi y perdre la tête. Les donjons sont nombreux, les PnJ vous proposent mille choses à faire, les puissantes guildes auront toujours un job pour vous (un peu à la GTA finalement), la Cité Impériale abrite une arène où vous pouvez donner libre cours à vos instincts de combattant, et j'en passe. Il ne servirait à rien de dresser l'inventaire de tout ce que permet le jeu, de toutes les interactions possibles et des centaines d'activités annexes à l'aventure : il faut juste savoir que le background de The Elder Scrolls est d'une profondeur hallucinante et que Oblivion ne se prive pas de l'exploiter. Ceci est d'autant plus vrai sur PS3 que cette version profite de son arrivée pour intégrer l'extension Chevalier des Neufs, assez maigre mais offrant tout de même quelques heures de jeu supplémentaires. A l'arrivée, explorer chaque recoin du jeu relève toujours de la gageure. C'est en tout cas l'impression que les développeurs ont réussi à donner au joueur, et c'est parfaitement réussi. « Oblivion constitue l'un des summum du RPG/action, et Bethesda a amplement réussi son pari », la sentence était vraie sur X360 et elle le reste sur PS3.


L'arrivée de Oblivion sur PS3 aurait pu sembler superflue, mais elle se révèle essentielle au contraire. Evidemment, beaucoup ont pu déjà jouer au titre de Bethesda sur PC ou X360, mais dans le cas contraire voilà un titre qui constitue toujours la référence en matière de RPG à l'américaine, sans que l'année écoulée lui ait fait techniquement du mal. On regrettera simplement l'absence totalement injustifée de la dernière extension (The Shivering Isles) mais même en l'état, Oblivion reste un incontournable d'autant plus essentiel que la ludothèque de la PS3 ne permet pas de faire la fine bouche. Une erreur tout de même, son tarif trop élevé pour un jeu désormais à moitié prix sur les autres supports...

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