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Test : Mercury Meltdown Revolution


Testé sur Wii
Publié le 07/06/2007 Par Mathieu Chartier

Ce sont les studios britanniques d’Ignition Banbury qui les premiers ont pensé à remettre au goût du jour le jeu de billes – pour ne pas dire de boules – en imaginant une drôle de fusion entre le Marbble Madness (1992) des japonais alors prolifiques de Tengen et le Super Monkey Ball (2005) de SEGA. Le résultat, logique, est un jeu d’adresse dans lequel le joueur contrôle une bille de mercure et doit atteindre la sortie de tortueux niveaux en esquivant un nombre assez incroyable de pièges en tous genres. Dès 2005, les jeux estampillés Mercury Meltdown trouvent leur public sur PSP et il a fallu attendre l’année dernière pour que la licence et son concept soient adaptés sur une console de salon, la PS2 en l’occurrence. Vu le concept, il n’était pas difficile d’imaginer un portage de Mercury Meltdown sur Wii, version Revolution. Ce que Ignition mit en route fissa dès lors que la Wii de Nintendo commença à surclasser ses concurrentes… Alors cette adaptation est-elle justifiée ?

Pas la peine de tourner autour du pot plus longtemps, cette adaptation est pleinement justifiée par la seule utilisation qui est faite de la wiimote. Tenue à l’horizontale dans le creux des deux paumes, il suffit de jouer les contorsionnistes avec celle-ci pour orienter le plateau de jeu dans tous les sens. Inclinaisons qui permettent de déplacer cette incroyable bille de mercure sur un plateau semé d’embûches et dont les casse-tête répondent à d’innombrables règles que le didacticiel du jeu ne sera pas de trop pour assimiler. Outre l’adresse, la concentration et la capacité à garder ses nerfs dont le joueur devra obligatoirement faire preuve, ce dernier devra composer avec les règles physiques auxquelles le mercure réagit, sa capacité à changer de couleur pour passer au travers de portiques dédiés et l’ensemble des mécanismes farfelus imaginés par Ignition. En effet, le mercure est une substance assez spéciale qui peut par exemple devenir plus volubile lorsqu’elle est chauffée ou à l’inverse se durcir si elle venait à être gelée, ce que des mécanismes permettent de faire – évidemment – dans la plupart des niveaux disponibles. Aussi, d’autres appareils sophistiqués sont donc là pour modifier la couleur de sa bille. Plus tordu, la plupart des portiques nécessitent de coupler deux voire trois couleurs pour en obtenir d’autres et ainsi pouvoir progresser. Il faut donc réussir à séparer sa bille de mercure en plusieurs billes de plus petites tailles, les colorer, puis les rassembler pour que le mélange de couleurs s’opère. Vu que les niveaux donnent sur le vide, sont truffés de pièges en tous genres et que ceux-ci comportent pas mal de zones assez exiguës, vous imaginez bien qu’il s’agit là souvent d’un défi des plus diaboliques.

Dans les faits, la wiimote se substitue parfaitement au stick de la PSP et les contrôles sont d’une très grande précision, [ce qui] permet de jouer avec beaucoup de doigté...

Mais les conditions sine qua none à la réussite d’un niveau ne s’arrêtent pas là. Ca serait presque trop facile comme dirait l’autre. Non, il faut également prendre en compte d’autres variables terribles pour les nerfs. D’abord le temps, certains niveaux demandant d’être effectués dans un laps de temps réduit pour être validés. Puis la quantité de mercure transportée jusqu’à la sortie, sachant que chaque bord sur le vide frôlé d’un peu trop près est synonyme de quelques goûtes perdues tandis que pièges et cheminements sont minutieusement étudiés pour compromettre la progression du joueur qui devra souvent concéder quelques goûtes de son précieux métal. Mais attention, trop de mercure perdu et c'est le game-over dans les niveaux qui imposent de guider suffisament de cette substance jusqu'à la sortie. Dur, dur !
Mercury Meltdown Revolution - Wii - 07/06/07 Mercury Meltdown Revolution - Wii - 07/06/07
Deux screenshots suffisent à comprendre le concept du jeu. Quant au design, sachant que
l'action se passe dans divers labos, il est forcément un peu farfelu !


Dans les faits, la wiimote se substitue – comme prévu – parfaitement au stick de la PSP et les contrôles sont d’une très grande précision. Il faut dire que la désormais célèbre manette de Nintendo était tout spécialement taillée pour l’exercice. La précision exemplaire permet de jouer avec beaucoup de doigté et de travailler des trajectoires aussi bien vives que très mesurées. Un jeu tout en nuances, en somme. Côté technique, c’est propre. Que dire de plus ? Le style graphique n’a rien d’exceptionnel, les couleurs sont vives, la physique incorporée par les caractéristiques propres au mercure et par les différents mécanismes est correctement gérée. C’est un sans faute, mais le contraire aurait été étonnant vu la représentation sommaire des puzzles. Des niveaux tortueux sortis des têtes fumantes des studios Ignition Bambury qui ont réussi le tour de mettre au point un nombre particulièrement conséquent de niveaux, avec une montée en puissance (et en difficulté) bien dosée. Ce qui garantit aux amateurs du genre une durée de vie particulièrement conséquente. Pourtant, difficile de ne pas parler des limites de Mercury Meltdown Rvolution qui, comme tout jeu reposant essentiellement sur son concept, se heurte à une variable bien subjective : le goût et l’attrait de chacun pour ce drôle jeu de réflexion et d’adresse. Surtout proposé à un prix plutôt élevé pour un titre du genre (prix de vente conseillé : 50€). Mais quoi qu’il en soit, il est évident que ce Mercury Meltdown Wii est plus savoureux que les précédents opus. Merci qui ? Merci la wiimote !


La performance est difficilement critiquable tant l’exercice est mené avec soin et dextérité d’un bout à l’autre. Une durée de vie conséquente, un challenge de taille, une prise en main toute en nuances, des pièges retors à souhait et un level-design flirtant par moment avec le génial… Pas de doute, Mercury Meltdown Revolution maîtrise son sujet. Pourtant, il ne fera pas l’unanimité et pour cause, encore faut-il accrocher sur la longueur à son concept diabolique mais hautement répétitif – il faut le dire – pour ressortir pleinement satisfait de l’expérience. Mais dans le registre du casual dans lequel s’inscrit la Wii, Mercury Meltdown Revolution a pleinement sa carte à jouer.

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