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Gears of War 2 Vs Call of Duty World at War : la guerre de la surenchère !

Par Mathieu Chartier, le 18 novembre 2008
Dans le coin bleu, CoD World at War. Un retour à la Seconde Guerre Mondiale (encore et toujours !) orchestré par Treyarch et propulsé par le moteur de CoD Modern Warfare. Dans le coin rouge, Gears of War 2, suite très attendue du jeu bourré de testostérone le plus charismatique de la Xbox 360. Le choc des titans entre les deux jeux d'Action de cette fin d'année débute. Tous deux s'élancent dans une course à la surenchère totale (graphisme, intensité, etc.), mais au final, il ne peut en rester qu'un. Gears of War 2 triomphe debout sur la troisième corde. CoD World at War reste au tapis. Explications…

Forcément, quand on use de licences aussi réputées que Gears of War ou Call of Duty, cela implique de fournir au joueur avide d’action tout ce qu’il est en droit d’attendre de la suite de jeux aussi solides. Pas de place à l’improvisation, et pour ne pas prendre de risque, la surenchère reste la méthode préférée des plus gros studios de production. Que ce soit chez Activision avec Treyarch, ou chez Microsoft avec Epic Games, que l’on parle d’un FPS ou d’un TPS, que l’on soit dans un registre historique ou purement fictif, tout cela n’a alors que peu d’importance : on reprend à la lettre une recette usagée, mais que l’on maîtrise parfaitement, en essayant d’y ajouter cette épice qui fera une nouvelle fois la différence. Dans le cas de CoD World at War, on a malheureusement choisi le mauvais ingrédient, et l’on retombe sans pouvoir rien y faire dans les travers de l’exploitation de licence outrancière. En revanche, Gears of War 2 remplit son contrat avec brio en s’imposant comme l’une des expériences visuelles et sensitives les plus puissantes de cette fin d’année.

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Alternance entre campagne russe et campagne nippone, effets visuels saisissants, intensité bien calibrée… Pas de doute, CoD World at War est bien le petit frère de Modern Warfare et prouve sans faille que Treyarch a bien saisi la nouvelle orientation donnée à la licence Call of Duty par ses fondateurs de chez Infinity Ward. En revanche, là où World at War est maladroit, c’est au moment de dépasser le simple cadre du shooter de luxe au rythme effréné et à l’esthétique renversante. Car oui, il est un jeu techniquement magnifique et incroyablement prenant. Mais malheureusement, il hérite d’un contexte joué des dizaines de fois et, de facto, d’une ambiance à laquelle le joueur blasé de tirer avec un M1 Garand n’accroche plus. Quand en plus il choisit de se démarquer de ses prédécesseurs en imposant une vision certes réaliste, mais aussi particulièrement cruelle de la guerre, cela n’apporte que trop peu à l’expérience globale pour que l’on puisse totalement adhérer au concept. CoD World at War est pourtant un FPS efficace, en revanche ni dans sa mise en scène, ni dans les sensations qu’il procure, il n’arrive à rivaliser avec Modern Warfare qui imposait l’an passé un nouveau standard pour le genre. Toujours au registre des griefs qui ont leur importance (d’autant plus que Treyarch savait qu’ils seraient attendus au tournant), CoD World at War est bien court en solo – surtout pour qui optera pour un mode de difficulté classique – et ne renforce son intérêt sur la longueur qu’en durcissant son concept, les pétoires de la WWII étant ici bien capables de shooter en une à deux balles, ce qu’apprécieront les puristes.

Malheureusement, CoD World at War hérite d’un contexte joué des dizaines de fois et, de facto, d’une ambiance à laquelle le joueur blasé de tirer avec un M1 Garand n’accroche plus

Alors il reste le mode online, qui à l’image de celui de Modern Warfare, est un modèle du genre. Forcément, on retrouve ici les mêmes mécanismes, mais transposés sur des cartes et dans un univers différent. Et l’on ne vous cachera pas qu’à nos yeux, la guerre moderne avait infiniment plus de sex-appeal que les vieux coucous rouillés et les baïonnettes de World at War. Nous n’irons toutefois pas jusqu’à dire que cet épisode est bâclé, puisque les efforts de personnalisation de l’aventure sont bien réels, mais il est évident que l’exercice était difficile pour Treyarch de passer avec un jeu estampillé WWII après l’immense Modern Warfare. La faute est donc à demi pardonnée, surtout que l’expérience reste assez spectaculaire à vivre, avec des cinématiques qui valent le détour, un mode coop bienvenue, et des scènes de shoot qui, à défaut d’être novatrices, demeurent particulièrement efficaces.

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